cahiers le clézio numéro 2 : contes, nouvelles et romances

Cahiers 2

ISBN: 2-35120-027-6
260 pages
Prix : 23 €
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coordinateurs du numéro : claude cavallero & bruno thibault

Date de parution du numéro 2 : fin 2009. S’appuyant sur un florilège des nouvelles publiées par Le Clézio, l’ensemble des contributions s’appliquent à développer et analyser la forme brève, si souvent utilisée par l’écrivain. Cet ensemble de textes courts à mettre en relation avec le monde des contes auquel Le Clézio attache une importance toute particulière, comme fondement de la culture d’un peuple, n’avait jamais été étudié de manière si scrupuleuse. Ce numéro 2 propose également un entretien réalisé par Claude Cavallero avec Michel Butor qui parle de Le Clézio à travers le processus de création romanesque qu’il observe dans une dimension historique. Ce numéro présente enfin un entretien qu’Isabelle Roussel-Gillet a mené avec Georges Lemoine, illustrateur renommé, qui a mis en images pas moins de 13 nouvelles de Le Clézio.

sommaire

  • Michel Viegnes, événement et temporalité dans les récits brefs de Mondo et autres histoires
  • Rachel Bouvet, L’expérience de l’immensité et l’exiguïté du récit : le désert et la mer dans les nouvelles de Le Clézio
  • Sophie Jollin-Bouvet, L’effet de simplicité dans La Ronde et autres faits divers et Printemps et autres saisons
  • Sophie Hache, L’articulation narrative dans Printemps et autres saisons : remarques sur l’emploi des présentatifs
  • Maryam Sheibanian, Le Lecteur virtuel dans Alors je pourrai trouver la paix et le sommeil
  • Marina Salles, Romances en mode mineur : vieillesse et solitude dans deux nouvelles
  • Nicole Grépat, Le Clézio et Andrée Chedid : portrait d’un enfant multiple
  • Tatiana Calderon-Le Joliff, La nouvelle, le fait divers et la marginalité : l’altérité illisible dans Ô voleur, voleur quelle vie est la tienne ?
  • Ana Luiza Silva-Camarani, L’écriture de la nouvelle, du conte, du mythe et la question du réalisme magique dans Trésor
  • Serge Martin, Le Clézio et les Cahiers du chemin (1967-1977)
  • Sabrinelle Bedrane, À l’ombre du roman : les nouvelles le cléziennes
  • Entretien avec Michel Butor, écrivain, réalisé par Claude Cavallero
  • Entretien avec Georges Lemoine, illustrateur, réalisé par Isabelle Roussel-Gillet

comptes rendus

bibliographie

l’appel a ecritures du numéro 2 était le suivant :

Le second numéro des Cahiers Le Clézio portera sur les nouvelles et les textes brefs de l’écrivain, notamment les recueils suivants : La Fièvre (1965), Mondo et autres histoires (1978), La Ronde et autres faits divers (1982), Printemps et autres saisons (1989) et Cœur brûle et autres romances (2002). Ces textes constituent un corpus important, d’apparence exogène par rapport à l’œuvre romanesque à laquelle l’auteur doit l’essentiel de sa notoriété – notamment avec l’immense succès du Procès-verbal (1963) et du Livre des fuites (1969), de Désert (1980) et du Chercheur d’or (1985) -, et sur laquelle la critique universitaire s’est largement focalisée depuis une décennie. Non que les nouvelles lecléziennes soient passées inaperçues. Mondo et autres histoires, en particulier, a touché le grand public dès sa publication et a fait l’objet d’une présentation pédagogique par François Marotin dans la collection Folio ainsi que d’une étude approfondie par Teresa Di Scanno. (François Marotin, Mondo et autres histoires, éd. Gallimard, col. Folio, Paris, (1995), 194 p, et Teresa Di Scanno, La Vision du monde de Le Clézio : Cinq études sur l’œuvre, éd. Nizet, Paris, (1983), 135p.) De même pour La Ronde et autres faits divers, dont Georges Molinié et Alain Viala proposent la lecture attentive dans une double perspective sémiostylistique et sociopoétique tandis que Daniel Grojnowski en propose dans Lire la nouvelle une lecture thématique et narratologique. (Georges Molinié et Alain Viala, Approches de la réception, Sémiostylistique et sociopoétique de Le Clézio, éd. PUF, Paris (1993), 303 p, et Daniel Grojnowski, Lire la nouvelle, éd. Dunot, Paris, (1993), 210p.) Mais hormis ces tentatives, du fait peut-être que le public de la nouvelle reste plus difficile à trouver que celui du roman (en France du moins), les études, aussi pertinentes soient-elles, sont demeurées ponctuelles et moins visibles. Un certain vide critique existe donc à l’endroit des nouvelles et surtout des récits brefs publiés par Le Clézio dans des revues de création (Les Cahiers du Chemin et la N.R.F) ou à l’occasion des numéros thématiques qui lui ont été consacrés (la revue Sud en 1988 et Le Magazine Littéraire en 1998). Ce besoin apparaît d’autant plus actuel que le statut (générique, sémiotique, esthétique) des textes de prose brève suscite aujourd’hui un vif intérêt dans le champ critique ouvert sur l’extrême contemporain des productions minimalistes. Par leur brièveté, par la linéarité narrative qu’elles supposent et par le vérisme souvent attaché à leur contenu, les nouvelles de Le Clézio ont parfois été perçues comme plus orthodoxes que ses romans. Mais un regard critique attentif montre que l’écrivain a employé diverses techniques innovatrices dans ces récits, s’inspirant au fil des années de différents modèles : la nouvelle-portrait, la nouvelle-instant, la nouvelle-puzzle, la nouvelle-fêlure (pour emprunter quelques-unes des catégories suggérées par Michel Viegnes dans L’Esthétique de la nouvelle française au XXe siècle (éd. Peter Lang, New York, (1993), 210p.). La question des frontières entre les genres, entre roman, poésie, philosophie, s’invite de toute évidence ici, de même que celle de leur effilochement, de leur transformation, voire de leur disparition. Dans son étonnante cohérence, la nature polymorphe de l’œuvre leclézienne semble appeler d’elle-même ces interrogations sur l’écriture exprimées de façon incisive dès la préface du recueil La Fièvre : « La poésie, les romans, les nouvelles sont de singulières antiquités qui ne trompent plus personne, ou presque. Des poèmes, des récits, pour quoi faire ? L’écriture, il ne reste plus que l’écriture, l’écriture seule, qui tâtonne avec ses mots, qui cherche et décrit, avec minutie, avec profondeur, qui s’agrippe, qui travaille la réalité sans complaisance » (8).